Frank Leboeuf au Théâtre du Temple, dans “L’Intrus”

Frank Leboeuf, des stades aux planches du théâtre du temple

Depuis le 23 mars et jusqu’au 11 juin, il partage la scène du Théâtre du Temple avec Jean-François Garreaud dans L’Intrus. Le début d’une nouvelle carrière pour le champion du monde de football.

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Gamin, il ne rêve que de ça. Mais à Saint-Cyr-sur-Mer, il n’a pas les moyens, ni même la possibilité, de s’essayer à la comédie. Alors il joue au football. Avec les vifs encouragements de son père. Et le succès que l’on connaît.

Mais la carrière du champion du monde millésime 1998 n’a pas été un long fleuve tranquille. À 18 ans, il est renvoyé du centre de formation du club de Toulon. Il ne fera pas carrière, s’entend-il dire. Il trouve des petits boulots. Sans perdre de vue son objectif. Il s’accroche. Se bat. Et revient par la fenêtre du football amateur.
« Rien n’a été facile, c’est vrai, mais je suis quelqu’un qui croit en sa bonne étoile. Je suis opiniâtre. Je me suis battu pour avoir ce que je voulais. Avec de l’humilité et de l’ambition. Un peu d’orgueil aussi… ». Et beaucoup de passion. Frank Lebœuf est ainsi fait.
Et quand il parle théâtre et cinéma, son nouveau métier, sa nouvelle vie, c’est avec la même envie de décrocher les étoiles.
Les crampons bien rangés, après une ultime saison au Qatar, il s’est envolé pour Los Angeles. Là-bas, il s’est confronté à la méthode de l’Actors studio, au Lee Strasberg Theatre and Film Institute. Et il a appris les techniques de l’acteur avec Catherine Carlen, Heidi Sontag et Anne de Salvo. « Quand on a envie de faire quelque chose, il faut mettre tous les atouts de son côté. Des doutes, on en a tous. Mais il faut les laisser au placard. Se mettre à nu».
Frank Leboeuf
En 2001, quand il jouait encore à Chelsea, il avait déjà goûté à l’ambiance d’un tournage (*). D’autres films avaient suivi (**). Mais quand, récemment, on lui a proposé de jouer dans L’Intrus, il n’a pas hésité. Même si son but est de devenir acteur de cinéma. « J’ai été séduit par le texte. Et le théâtre est une super-école. ».
Depuis le 23 mars, au Théâtre du temple, il est un voyou embarqué dans une drôle de prise d’otage. Avec Jean-François Garreaud pour partenaire. « Ça se passe bien. On s’amuse vraiment. Avec lui, je me régale. Il a 40 ans d’expérience et il est d’une grande humilité. Il me fait partager de grands moments. Oui, c’est ça, nous sommes dans le partage ».
Ce qui le change de l’univers du football. « Le sport, c’est l’incertitude perpétuelle. En terme de rivalité, de combat, ça n’a rien à voir. avec le théâtre qui est une entreprise collective. Le football, c’est chacun pour sa gueule. Un peu à l’image de la société d’aujourd’hui. La comédie, c’est un enrichissement ».
Ce qui ne l’empêche pas pour autant de toujours aimer le ballon rond. « Je suis rarement au stade, mais je me tiens informé. ». Et il reste un supporter de l’équipe de France. Presque optimiste. « Quand en qualification du mondial le parcours a été difficile, la France s’en est souvent très bien sortie ».
Le 11 juin prochain, jour du premier match de la France en Afrique du sud, contre l’Uruguay, Frank Lebœuf sera sur scène. Avec une oreille qui traînera sans doute côté coulisses.

(*) Taking sides, le cas Furtwängler (2002), d’Istvan Szabo, avec Harvey Keitel et Robin Renucci.

(**) The Ball is round (2008) de Mirwan Suwarso; Caravaggio: The Search (2010) de Maureen Murphy, notamment.

L’intrus

Frank Lebœuf est Luc Gerbier. Un voyou qui a braqué une banque et tiré sur un policier qui s’interposait. En cavale, il fait irruption dans l’antre d’Henri de Fressac (interprété par Jean-François Garreaud). Célèbre romancier, ce dernier vient d’être plaqué par sa femme. Il ne pense qu’à se suicider. Un bien drôle d’otage pour Luc Gerbier…

Théatre du Temple, jusqu’au 16 juin (Paris, XIe, métro République). 08.92.35.00.15.

Philippe Dépalle