Da Silva en concert à L’Olympia

Le 11 février 2010, le chanteur Da Silva sera en concert à l’Olympia:(Photo: Philippe Dépalle)

Da Silva
Depuis quelques semaines déjà, il balade sa mélancolie au milieu d’un Carnaval enjoué. Sur une mélodie, une ritournelle, dont il a le secret. Le titre passe en radio, le clip s’installe à la télé. Le hors d’oeuvre aiguise l’appétit. Et laisse à penser que La tendresse des fous, son troisième album, est bien dans les sillons des deux précédents. Erreur. Il explore de nouveaux horizons. La météo intime de l’artiste prend de l’ampleur sous les arrangements musicaux de Joseph Racaille qui a travaillé, notamment, avec Alain Bashung et Arthur H. Mais aussi au gré des tranches de vie qui prennent une nouvelle tournure.

« J’ai longtemps été dans les histoires de ruptures. Dans le prisme du couple. Cet album est celui de l’après rupture. À 33 ans, après avoir passé beaucoup de temps à me faire du mal, j’ai envie de me faire du bien. Avec pudeur et surtout beaucoup de tendresse ».
Ses deux précédents albums avaient été enregistrés à la maison, puis mixés en studio par Renaud Létang. « J’en avais un peu marre d’être une caricature du minimalisme ». Il a donc laissé à d’autres une partie du travail. À Bénédicte Schmitt et Dominique Blanc Francart laréalisation, au studio Labomatic; et la musique, en partie, à des professionnels tels que le batteur percussionniste Denis Benarosh ou le bassiste Laurent Vernerey (Cabrel, Delerm, Souchon,Miossec…). Lui s’est concentré sur l’écriture.

Un Olympia le 11 février 2010

«Avant, je jouais à la guitare et mettais un texte dessus. Je ménageais la chèvre et le chou. Là, j’ai été plus exigeant. J’ai passé beaucoup de temps sur les textes ». Mais déléguer n’a pas été simple.« J’avais peur que l’émotion soit diluée. Mais je suis tombé sur des gens qui étaient vraiment à l’écoute. Pas à mon écoute. Mais à l’écoute de mes chansons. » Le résultat est là. Da Silva continue de raconter la quête d’ idéal , les échecs , l’amour, la mélancolie. Avec ce sens des mots, ce phrasé et cette voix singulière qui l’ont propulsé très vite dans le gotha des chanteurs en français dans le texte. Le succès de ses deux premiers disques, assorti d’une nomination aux Victoires de la musique 2008 (*), en sont des preuves.

Il promet une tournée plus courte que les précédentes. Une centaine de dates sont déjà annoncées, à partir du mois de janvier. Dont une à l’Olympia, le 11 février 2010. Mais une fois sur scène, il ne saura sans doute pas refuser d’autres invitations. Il se nourrit de son public, de l’ambiance des tournées pour
rester dans un mouvement qui lui convient très bien. Et qui lui permet d’enchaîner sur d’autres créations. Écrire entre deux portes ou deux concerts, c’est pour lui le meilleur moyen de ne pas « se regarder le nombril ». Il dit : « Un artiste est avec le monde. Il ne peut pas être au dessus».

Philippe Dépalle